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Gregory Bateson- Concept de double contrainte

Page history last edited by marie.eve.arbour@hotmail.com 11 years, 5 months ago

 

Double contrainte

Le concept de double contrainte (double bind en anglais) s’insère dans la théorie de la schizophrénie développé par Gregory Bateson, Don D. Jackson, Jay Haley et John Weakland.  Ce terme a été développé pendant le « projet Bateson », un groupe de chercheurs dirigé par Bateson et constitués de quelques psychiatres, qui se penchait en particulier sur les maladies mentales et « les paradoxes de l’abstraction dans la communication.» (Edmond, 1984, p.11) Le concept de double contrainte a été divulgué pour la première fois dans un article intitulé « Vers une théorie de la schizophrénie », publiée en 1956 et repris dans Vers une écologie de l’esprit (Bateson, 1977, vol.2, p.9-34).

 

 Définition

La double contrainte correspond à une caractéristique d’une situation où deux impératifs s’opposent, c’est-à-dire que l’obligation de l’un interdit nécessairement l’autre et vice et versa. Elle reflète une situation paradoxale imposée à une personne. Elle doit correspondre, selon Bateson, à 5 conditions nécessaires :

-Il doit y avoir présence de deux personnes ou plus;

-L’expérience doit se répéter pour la personne dite la « victime », soit celle qui subit la double contrainte;

-« Une injonction négative primaire » (Bateson, 1977, vol.2, p.14) doit être dans la relation. Une punition est à la base de cette injonction;

-Une injonction secondaire contredit la première. Celle-ci est non-verbale, contrairement à la première;

-Une injonction tertiaire qui oblige la « victime » à subir la situation.

Lorsque la « victime » reconnaît la situation présentant la double contrainte, il n’est plus nécessaire que toutes les conditions soient réunies. Une seule condition peut provoquer l’émotion ressentie lors de la double contrainte.

 

Origine et application

Dès 1940, Bateson s’est intéressé à la cybernétique, particulièrement pendant les conférences de Macy, des réunions qui désiraient créer une science générale du fonctionnement de l’esprit. En 1948, il a écrit, avec Jurgen Ruesch, un psychiatre, Communication : The Social Matrix of Psychiatry : on pouvait remarquer dès cet ouvrage que les paradoxes dans la communication relié à la schizophrénie était un champ d’études qui intéressait énormément Bateson.

Le point commun des chercheurs du « projet Bateson » se situait dans leur conception de la schizophrénie. En effet, au lieu de voir cette maladie comme un trouble intrapsychique de l’individu qui influence secondairement ses relations interpersonnelles, les chercheurs ont plutôt émis une hypothèse contraire à celle-ci, soit que des relations avec autrui induit un comportement chez la personne qu’on diagnostique comme schizophrénique.

En 1956, ils ont diffusé une nouvelle théorie sur la schizophrénie. Selon eux, ce sont les relations qui amèneraient le comportement problématique de la personne dite schizophrène. Bateson, à travers son intérêt pour la cybernétique et la rétroaction négative, a précisé que les relations pouvant créer les réactions schizophrène seraient de type « double contrainte ». Puisque le contexte de double contrainte crée des paradoxes constamment, la personne « victime » de ces injonctions paradoxales adapterait son comportement pour pouvoir survivre à ces relations. Celui-ci se maintient sur la défensive et confond le sens littéral et métaphorique des propos de la relation.

Un exemple fréquent de la part de Bateson est la relation entre une mère et son enfant. Ici, la mère nie son hostilité envers son enfant en adoptant des comportements affectifs ostentatoires et ce, dans l’unique but qu’il croit qu’il est aimé même si ce n’est pas le cas et qu’il doit agir comme avec une mère aimante. Chaque geste que l’enfant pose spontanément pour lui démontrer de l’affection, elle réagit en figeant et reste frigide envers lui. En même temps, elle lui ordonne de lui démontrer de l’affection et simule l’amour qu’elle lui porte, mais dès qu’il se rapproche, elle reste hostile. Et s’il lui demande pourquoi elle agit comme ça, elle le punit et nie tout comportement antipathique de sa part.  L’enfant est donc puni de quelques façons qu’il puisse agir. (Bateson, 1977, vol.2, p.9-34).  

La double contrainte est un concept fort utilisé en thérapie familiale et en psychiatrie. L’objectif des thérapies utilisant la double contrainte est, bien sûr, de saisir cette double contrainte que vit le patient, mais aussi de recadrer la relation problématique. Ce recadrage peut utiliser la double contrainte : celle-ci, au lieu d’apporter une punition, amène le patient dans l’obligation de faire des choix qui le sortiront de son problème.

                                        

Impact dans le monde des idées

Paul Watzlawick

Comme il en était le cas pour la schismogenèse, Watzlawick a repris le concept de la double contrainte en le considérant comme un paradoxe pragmatique dans les relations interpersonnelles et en psychothérapie. Au-delà des relations problématiques, des messages comme « Soyez spontané »  représente une double contrainte, car dans un premier temps, ils constituent un ordre auquel les interlocuteurs ne peuvent désobéir et, dans un deuxième temps, la nature et l’énonciation même de cet ordre engendrent chez les destinataires l’impossibilité de s’y conformer. En effet, la spontanéité est le nom d’une conduite qui n’est pas contrainte à quoi que ce soit, mais ici, la spontanéité devient un ordre, soit un paradoxe en elle-même, car elle ne doit pas être commandée par qui que ce soit. Un autre exemple de Watzlawick est la lecture d’un panneau indiquant « ignorez ce panneau ». D’une manière ou d’une autre, personne ne peut se conformer au panneau.

Il est clair que la double contrainte fait aussi partie des concepts fondateurs de l’École de Palo Alto.

Anti-psychiatrie

Bien que Bateson n’est pas voulu contribuer directement au courant anti-psychiatrie, le fait de considérer la schizophrénie comme une déviance sociale et non une maladie intrapersonnelle a permis d’ouvrir une nouvelle perspective dans le monde de la psychiatrie. En effet, tout comme Michel Foucault en France, les travaux de Bateson remettait en question les pratiques en santé mentale, particulièrement l’utilisation des médicaments en santé mentale.

 

Références

Article de revue

Lambrette G. Mars 2008. « La double contrainte. L’influence des paradoxes de Bateson en Sciences humaines ». Thérapie Familiale, Vol.29, p. 429-430.

 

Monographies

Bateson, Gregory. 1977. « Vers une théorie de la schizophrénie» et « Double contrainte, 1969 ». In Vers une écologie de l’esprit, volume 2. p.9-50. New York. Chandler Publishing Company.

Marc, Edmond, Dominique Picard. L’École de Palo Alto. Collection Actualité de la psychologie. Paris. Editions RETZ. 192 p.

Watzlawick, Paul. 1972. « Paradoxes pragmatiques ». In Une logique dans la communication. p.195-232. Paris. Éditions du Seuil.

Watzlavick, P., Weakland, J., & Fisch, R. 1981. « Paradoxes ». In Changements, paradoxes et psychothérapie. p. 82-94. Paris: Éditions du Seuil

­Sites Internet

 « Conférence Macy » 2009, 19 février In Wikipédia. En ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rences_de_Macy  Consulté le 25 février 2009.

«Double contrainte». 2009, 20 janvier In Wikipédia. En ligne: http://fr.wikipedia.org/wiki/Double_contrainte   Consulté le 23 février 2009.

Trudel, Céline. 5 août 2006 « Le courant anti-psychiatrie ». In Enseignement et recherche en psychopathologie. En ligne : http://isabellesamyn.e-monsite.com/rubrique,anti-psychiatrie,1012337.html Consulté le 26 février 2009.

 

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